Elle était habillée de gris, de ces gris profonds où voltige un peu de bleu
Ses cheveux blancs soigneusement sages se serraient en un chignon tenu par une épingle.
Elle se tenait bien droite, assise au petit banc de bois, légèrement adossée sans pourtant s'appuyer. Tout en elle était digne, sage, retenu...
Son regard se perdait dans la contemplation des oiseaux qui s'abattaient en souplesse, se disputtant les miettes de pain égrenées sur le gazon du parc pour mieux repartir en vagues
disciplinées avant d'amorcer un autre attérrissage..
Ces vols multiples et répéttés donnaient une harmonie au petit gris du ciel que les frottements d'aîles et les cris pointus ponctuaient d'une mesure impalpable.
Les yeux de la vieille dame se perdaient dans la grâce matinale de ce jour particulier. Un subtile sourire glissait de ses lèvres. Elle restait là, immobile, adhérant parfaitement à la symphonie
dans laquelle elle baignait.
Ses doigts posés sur ses genoux ne tremblaient pas, Le petit vent frais mettait du rose à ses joues et voletait dans la blancheur de ses cheveux.
En passant, on se faisait léger pour ne pas troubler la douceur de cette image.
A 15h pourtant, le gardien s'inquieta de son étrange hôtesse. Les oiseaux avaient pris un envol définitif, la laissant seule habiter l'image.
Le médecin diagnostiqua un arrêt cardiaque.
Une glissade ultime dans l'envol de cette journée, si particulière....
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