Chaque matin ,depuis début mars, je parts au pays de la belle enfance.
Des p'tits loupiots qui pétillent me sautent aux joues pour y laisser un bisou.
Des menottes qui se tortillent, des quenottes qui tombent, des bouderies qui mutinent, des bâillements spontanés... Les enfants sont sans fard et sentent bon le bébé.
La classe est pleine de lumière, les tables rondes sont des nénuphars et mes petits canards s'y posent le temps de digérer les apprentissages de la scolarité.
Moi je suis là pour un pokémon et pour un ouistiti.
L'école ne serait pas pour eux si elle ne s'était pas ouverte à la différence et j'aime tant la différence!
Petit ouistiti fait fondre mon coeur dès le lundi matin. Il a su tout de suite qu'on s'entendrait comme larrons en foire! J'adore quand il attrape mon menton pour que je l'écoute. Son
visage est lumière et il voit un ailleurs qui ne nous est pas accessible. Il est drôle et déroutant.
Mardi, je dois être tonique: petit Pok (mon Pokémon!) est un Atila de trente kilos (à peine).
Lui, il se méfie de l'adulte compatissant: il n'y croit pas. Il accepte d'être maîtrisé parce qu'il est tout petit mais ce petit renard est vif comme l'argent, souple comme l'anguille
et sans concession.
J'ai fini par trouver une petite route de confiance. J'adore aussi quand je le captive par une histoire croque sel: c'est à son tour d'être dérouté!
Il tient ma main et m'écoute et je sens bien qu'il est content de ce partage.
Chaque matin, depuis début mars, je parts au pays de la belle enfance. Mon coeur est repulpé d'une joie que je croyais oubliée. Mes souvenirs sont là, intacts et derrière mes lunettes de vieille
dame canard je vois moi aussi des ailleurs inaccessibles.
vos commentaires...