L'été, comme chaque année, me ramène sous le soleil d'Ille sur
tet... J'ai pris juillet pour digérer l'extrême douceur que les p'tits loups de la cliss m'ont
prodiguée durant ces derniers mois .
Bruissonnent encore à mes oreilles leurs mots d'enfants et la joie que nous avons partagée pendant les temps de classe. La rentrée sera différente : je change d'école et je perds un précieux compagnon de
route...
Deux p'tits loups passent en classe supérieure, deux autres viendront nous rejoindre.
Ouistiti et Petit pock seront là et donc moi aussi puisque mon contrat de travail est lié à leur présence. En attendant je profite de l'été.
Une promenade espagnole m'a portée jusqu' à Torrevieja, pres d'Alicante.
Là, j'ai savouré le temps auprès de mes parents. J'ai regardé ma mère. Je l'ai regardée évoluer par petits pas souples et précis, s'affairant à
l'embellisement de son monde. Elle arrondit l'air en faisant surgir des molletons soyeux, capte des lumières, épingle au vol des sensations savoureuses, brouille des ondes
indésirables, efface des fatigues insoupsonnées... Du royaume de sa cuisine surgissent des plats autour desquels toute animosité s'effondre d'impuissance, laissant place à la communion des
papilles...A la regarder d'aussi près j'ai mesuré ma chance d'être sa fille et je me suis sentie fiere car je suis pétrie de ce qu'elle est : je le vois, je le
sents. Elle a soufflé dans mon coeur toutes les graines de l'amour et au fil du temps, sans
vraiment m'en rendre compte, ces graines sont devenues jardin : ici un puissant chêne, là de souples tiges, un peu plus loin de superbes éclatés de couleurs et de formes... partout flotte
un parfum de douceur, partout la lumière enchante la vue... J'aime bien montrer ce jardin invisible. Les enfants l'entrvoient sans peine et viennent
à lui comme des papillons. Je l'entretiens comme je peux : la ronce dure et seche s'insinue si facilement.....
Mais je ne suis pas inquiette : chaque fois que je partage mon jardin la ronce recule sous les petits pas des promeneurs!
Me voila donc installée dans cette belle lumière, je regarde l'ensemble et cela me gonfle le coeur. Alors, me poussent des envies de peinture : il me faut poser la couleur, sortir la matiere,
exprimer le puissant arôme!
Août sera fructueux :j'ai préparé mes toiles , lissé mes pinceaux, renouvelé mes peintures..
Et si je suis en panne, si le souffle me manque, si le gris m'envahit, j'irai regarder évoluer ma mère par petits pas souples et précis.
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